Articles tagués : fausse-couche

« Ose ta vie, toi seul la vivra ».

« Il est venu au monde et je l’ai perdu avant même de le rencontrer », s’est lamentée cette femme.

Je n’ai pas su lui répondre, à cette époque, ce que j’ai découvert depuis et que je sais aujourd’hui :

Que certains bébés, certains enfants se « donnent la liberté » d’apparaître, de seulement apparaître dans la vie, pour insuffler l’envie à l’un de leurs parents de naître enfin ou d’accéder à plus de vie dans leur existence.

Certains enfants sont de passage pour montrer à l’un ou à l’autre de leurs géniteurs un chemin, pour témoigner d’un choix de vie à faire.

Certains enfants, par leur mort subite, invitent… leurs parents à oser un changement qu’ils n’avaient pu envisager jusqu’alors.

Certains enfants ont ce pouvoir de dire par leur présence furtive et fugitive et leur disparition brutale : « Ose ta vie, toi seul la vivra ».

Nous pouvons ainsi écouter et entendre le message secret envoyé par ces enfants dont la présence éphémère nous blesse à jamais si nous restons sourds à leur message d’espoir.

par Jacques Salomé

(Merci à la copinaute qui me l’a adressé… depuis, je le lis souvent…)

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Quand c’est la marde… ça s’arrête jamais.[+édit]

N’y tenant plus, j’ai fini par rappeler le cabinet de me gynéco.

Forcément, il n’y a pas de place pour moi … ils peuvent me caser le 21. Ca tombe bien, je pars en vacances le 22.

Comment vous dire ? c’est un cauchemar ? je vais me réveiller un jour ?

J’en peux juste plus … je me sens seule et abandonnée … c’est juste sans fin.

J’aimerais maintenant qu’elle s’en aille … qu’elle parte… qu’elle me laisse tranquille… que je puisse respirer un peu …

je suis désespérée…

Édit de 15:30:

J’ai rv demain à 10:30 avec mon ancienne gynécologue. Celle qui devait faire mon Curetage. Pour faire un point, refaire une écho et vérifier où ça en est… Voir s’il faut intervenir avant ou pas… Et si ça pose pas de pb avec mon départ. Merci chéri…

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Quand c’est la marde … La suite…

Impraticable… Donc coincés chez les beaux parents. Il n’y aura pas de curetage. Une mauvaise fée s’est penchée sur le petit panda… Alors elle pleure depuis ce matin… Elle pleure de rage, de frustration, d’injustice… Elle pleure et regarde le petit lit de bébé à côté d’elle… Celui de son petit neveu quand il dort chez ses grands-parents. Son homme quant à lui a décidé de mettre ce temps à profit alors il dort. Le bienheureux…

Boule de Mousse en a marre… Mais à un point. Au bord de la crise de nerf… Mais l’univers s’en fout. Pourtant elle essaie de comprendre ce qu’elle peut tirer de tout ça… À part chagrin, colère et amertume… Elle ne sait pas… Elle ne comprend pas pourquoi ça se passe comme ça. Déjà elle imagine devoir annuler ses vacances… Alors que bien entendu elle n’a pas pris d’assurance annulation … Oui elle part fin de semaine prochaine … Mais ne sait pas quand elle pourra faire son curetage … Puis les sainement s’intensifient … Elle sent que là aussi ça va être la merde…

Boule de Mousse est courageuse … Elle voudrait bien l’être encore… Mais la coupe est pleine… Elle se sent maudite… Elle pense se battre contre une force invisible bien plus puissante qu’elle… Malgré son grand courage, elle sent que ça ne suffira pas. Lui reste les larmes pour apaiser un peu de sa colère.

Elle trouve que là vie c’est pas chouette. Elle trouve que la  vie parfois c’est bien trop dur.

Elle aimerait trouver elle aussi la plénitude dans le sommeil … Et parfois même imagine à quel point ça ne serait pas si grave de ne plus jamais se réveiller…

Combien de fois aura-t-elle pleurer sur ces enfants qui ne naitront jamais ? Elle pense que l’univers lui chuchotte un message à l’oreille : « laisse tomber petit panda… On est plus fort que toi »….

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Parce que quand c’est la marde ! c’est la marde jusqu’au bout ! +[édit]

(spéciale dédicace en titre du billet à Ma petite Dame Pimpin à qui je pense très fort)

Vous savez quoi ? depuis vendredi les petites pertes brunes sont arrivées ! enfin !!!! alors depuis vendredi, je nourris le fol espoir que cette fichue fausse-couche se fasse naturellement et que je ne sois pas obligée de passer au bloc demain … MAIS NON ! toujours rien …

Vous savez quoi ? je vis au bord de la mer ! et dans mon joli pays, ça reste encore assez rare quand il neige … et quand il neige, c’est assez léger … ça reste pas …

Quand j’ai appris que ma grossesse, c’était arrêtée, le lendemain, je suis restée coincée chez moi …pour cause de neige… j’avoue que ça m’arrangeait … aller bosser avec ma tête de boxer qui aurait trop pleuré … ça m’enchantait pas …c’était le 18/01.

Il aura fallu attendre presque deux mois pour que la neige tombe à nouveau, plus drue, plus forte … aujourd’hui ! la veille de mon curetage …

Les routes sont presque toutes coupées. J’ai réussi à venir bosser quand même et on compte dormir ce soir chez mes beaux-parents pour être le plus près possible de la polyclinique … car nous, nous vivons en pleine campagne ! alors je vous raconte pas l’état des routes en ce moment là bas …

bref, tout ça pour vous dire quoi ????

Que je ne suis vraiment pas sure de pouvoir aller à la polyclinique demain … ici c’est juste… le blizzard …

Que je ne suis pas sure que mon chirurgien puisse se déplacer demain …

Que je ne suis vraiment pas sure de faire mon curetage demain …

J’ai juste envie de mourir !!!!!!! j’en ai marre de chez marre ! quand vais je enfin avoir la paix ? ça va s’arrêter quand ce bordel ?????

Je dois appeler la polyclinique vers 15 heures pour leur demander l’heure de mon admission … je leur poserai à la question … à savoir si c’est annulé ou pas ? je le sens carrément mal …je vous tiendrai au courant …… et je peux vous dire que là, je commence vraiment à saturer ….

Édit : curetage maintenu… J’espère qu’on sera pas enseveli sous la neige. Rv à 7:30 !!!!

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Fausse-couche, un deuil à prendre en compte

Parce que j’ai l’impression que faire une fausse-couche est un sujet tabou, parce que j’ai eu le temps de me poser mille questions, parce que je voulais comprendre ce que je ressentais, pourquoi je le ressentais… Parce que j’ai trouvé pas mal de mes réponses dans cet article rédigé par Thierry TOURNEBISE, praticien en psychothérapie, je vous le livre à mon tour. Cet article m’a fait beaucoup de bien. Je ne vous en livre qu’un extrait mais je vous invite à en lire l’intégralité ici

« 1 Apparition de l’enfant

1.1A partir de quand ?

Le commencement est celui de la découverte. Après les incertitudes initiales, la présence d’un enfant à venir se précise, et le rapport des parents avec lui aussi (surtout celui de la mère).

Si l’on se demande à partir de quand l’être en devenir est un enfant, d’un point de vue biologique, il est sans doute possible de donner quelques réponses en fonction de l’avancement du développement de son corps, de son cœur, de ses neurones…etc. A partir de combien de semaines, puis de mois, peut-on estimer qu’on passe de l’embryon au fœtus, puis du fœtus à l’enfant ?… Le débat mérite sans doute d’exister, ne serait-ce que pour des raisons légales, mais il y a une autre composante qu’il convient de prendre en compte : pour la mère, l’enfant est un enfant dès la conception, ou du moins dès qu’elle sait qu’il est là. Cela n’est pas sensé donner la moindre indication légale, mais est simplement un ressenti fréquent à côté duquel il ne faut pas passer.

A vouloir trop objectiver par des précisions scientifiques (nécessaires ailleurs pour d’autres raisons) nous risquons de passer à côté du vécu subjectif, qui en matière de soutien psychologique est le seul qui compte.

Quand la grossesse est souhaitée ou généreusement accueillie, celle-ci peut être ressentie comme un miracle de la vie venant combler une attente au plus profond de l’être. La fausse couche est alors toujours un drame. Mais même pour les autres, ceux qui ne la souhaitaient pas si ardemment, cette perte de ce qui commençait à trouver sa place en leur sein, peut être vécue plus douloureusement qu’il n’y parait. L’ambivalence d’une grossesse non désirée, mais dont l’arrêt n’est pas non plus satisfaisant, trouble l’esprit.

C’est comme s’il se jouait, entre la mère et l’enfant à venir, une sensation subtile, difficilement définissable mais profonde. Cette sensation se retrouve même aussi dans pas mal d’IVG ! Ne remettons surtout pas en cause la possibilité de l’IVG qui est une avancée incontestable dans l’histoire de la femme, mais il aurait fallu considérer cet acte, ce choix, avec plus de subtilité et d’accompagnement, surtout après. Quand bien même l’IVG est clairement décidée et n’a pas à être remise en cause, sa mise en œuvre laisse chez pas mal de femmes une blessure qu’on retrouve souvent en psychothérapie de nombreuses années plus tard. Cette blessure aurait pu être évitée avec un accompagnement adéquat.

1.2Des sensations indicibles

Nous venons de voir qu’il est difficile de dire à partir de quand on peut parler vraiment d’enfant et ce ne sera pas ici notre propos. La seule chose qui compte, c’est que c’en est un pour la mère… dès le départ. Un lien se dessine entre elle et lui, quasiment à son insu, et cette présence se met à compter profondément.

Une intimité indicible, une circonstance à découvrir, des sensations ineffables et secrètes, qui ne trouvent pas de mots, pas plus que n’en trouveront celles qui sont ressenties lors de la fausse couche.

De ce parcours de vie qui surgit au creux de soi, la femme éprouve une sorte d’accomplissement qui, en dehors des divers tourments que la vie ne manque pas d’apporter, offre une sorte de bien-être intérieur. En dépit des désagréables nausées et autres inconforts physiologiques, cette émergence de vie la remplit.

Sans qu’elle n’en mesure toujours l’importance, un lien naturel se construit. Bien au delà du cordon nourricier visant le corps, émerge une sorte de cordon existentiel faisant de ce qui l’habite un être à part entière. Cette sensation de présence la sort du sentiment diffus de solitude, souvent peu consciemment éprouvé jusque là. Ce sentiment de solitude, pareil à une sorte de brume, ne faisait que discrètement troubler la visibilité des êtres et des présences. C’est comme si soudain elle « voyait clairement ce qui palpite » avec une connivence existentielle dont elle seule perçoit la présence.

Naturellement tout cela peut être troublé par de multiples situations de la vie, que celles-ci soient conjugales, médicales, professionnelles, familiales, sociales… etc. Il ne s’agit surtout pas de considérer que toutes les femmes vivent la même chose ! Il s’agit avant tout de ne pas manquer les subtilités qui les habitent en ce moment exceptionnel de leur vie.

Avoir conscience de cet aspect exceptionnel permet de mieux s’approcher aussi de la détresse qui résulte de la fausse couche.

1.3Perte de grossesse ou perte d’enfant ?

Dans le cas de fausse couche, la pudique appellation « perte de grossesse » occulte la réalité de la sensation de « perte d’enfant ». Trop souvent la gestion des situations délicates se fait par la négation des ressentis réels. Or, tenter de « rassurer » est une violence portée envers celui qui ressent une blessure, dont on résiste tant à reconnaître la dimension.

La femme ne perd pas une grossesse. Pour elle, elle perd un enfant ! Ne pas le reconnaitre c’est lui rendre le deuil impossible. Rappelez vous qu’il ne s’agit pas savoir à partir de combien de semaines ou de mois on peut parler d’enfant… il y a juste à considérer que c’en est un pour elle !

On croit souvent apporter de l’apaisement en objectivant. Or la seule réalité qui compte sur le plan psychologique est la réalité subjective. Aussitôt reconnue, celle-ci pèse moins lourd. Quand bien même la grossesse s’interrompt à deux ou trois semaines, juste après l’avoir découverte avec un test, la femme qui vit cela vient de traverser un moment qui changera sa vie.

Il ne s’agit en aucun cas de le dramatiser, ni de le minimiser : il s’agit juste de le reconnaître.

1.4Les phrases assassines

Bien qu’animées de bons sentiments, les personnes de l’entourage tiennent spontanément des propos forts maladroits. Qu’il s’agisse du conjoint, de la famille ou des soignants, nous trouvons fréquemment les mêmes phrases toutes faites apparemment protectrices, mais en réalité parfaitement assassines :

« Il ne faut pas te mettre dans cet état. A ce stade c’est rien du tout, ce n’est pas encore un enfant »… nous avons là un insoutenable déni de l’enfant.

« Ce n’est pas grave. Tu en auras un autre »… ici nous trouvons un insoutenable déni du ressenti sous-entendant « va de l’avant, oublie le, il ne compte pas ».

« C’est sans doute mieux ainsi. C’est la nature qui fait son travail (sous entendu en éliminant ceux qui sont ratés) » … voilà une insoutenable affirmation que c’était une erreur, un moins que rien, un loupé… et qu’elle, en tant que mère, a loupé la « fabrication » d’un enfant en bon état.

« Ça arrive presque dans une grossesse sur cinq. C’est un phénomène naturel »… nous trouvons ici encore une insoutenable banalisation, comme si rien n’avait été vécu, que ce n’est pas si grave et qu’il faudrait être stupide pour s’en faire.

« En début de grossesse c’est moins grave »… encore une banalisation qui anéantit la profondeur des ressentis, qui anéantit l’ex-parturiente dont le statut même devient par là inexistant !

L’entourage ou la médecine rivalisent de maladresses. Tout en croyant rassurer ils versent de l’acide sur la blessure encore à vif.

Le deuil n’est pas reconnu, l’enfant non plus, la femme non plus. Elle devra faire son parcours tout à l’intérieur d’elle-même, faire bonne figure à un entourage qui ne mérite aucun reproche, car il ne pense pas mal faire et ne se rend compte de rien.

Elle doit vraiment réaliser un deuil… mais au fait sait-on seulement ce qu’est un deuil ? Le mot « deuil » vient de dolus signifiant « douleur. Celui qui fait son deuil « fait sa douleur ». « Faire le deuil de » ne signifie pas « passer à autre chose » mais « faire sa douleur » ! Et cette douleur joue un rôle précis : elle donne l’assurance qu’on n’oubliera jamais l’être qu’on vient de perdre. Tant qu’un doute subsiste à ce sujet, la douleur reste nécessaire. Toute personne qui vise à l’enlever apparaît comme un danger potentiel d’engendrer une double perte : celle de l’être aimé… augmentée de la perte de son souvenir, de sa présence en soi. Généralement quand le sujet en deuil a l’assurance qu’il n’oubliera jamais, sa douleur diminue ou cesse, ainsi que ses pensées obsessionnelles, qui jouaient le même rôle.

L’auteur conclut en disant ceci :

« Je souhaite sincèrement que ces quelques lignes apportent un soutien aux femmes ayant eu ce vécu, mais aussi qu’il interpelle les médecins et soignants afin de les aider à apporter l’accompagnement psychologique qu’ils ont à cœur de donner, alors qu’ils sont souvent si démunis en pareilles situations. »

À mon tour, j’espère que cela pourra aider certaines… Parce qu’on a le droit de reconnaître que ce petit être existait pour nous… Qu’on a vraiment perdu un enfant et que cette reconnaissance est nécessaire pour faire notre deuil.

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L’enfer est pavé de bonnes intentions…

 

Voilà, on y est presque … plus que 7 dodos et ce sera la quille, la délivrance … enfin.

 

Hier, j’ai vu l’anesthésiste. Une femme, ça change. Elle était plutôt gentille. Malheureusement, je dois vraiment être susceptible, car point de vue contrariété, j’ai encore eu ma dose ce jour là. Je ne sais pas pourquoi les gens tentent toujours de nous « rassurer », de se vouloir encourageants … je ne crois pas avoir connu autant de maladresse de la part des gens qu’en matière de maternité. Alors bien entendu, je devrais me réjouir de ces bonnes intentions … mais ne dit-on pas que l’enfer en est pavé ?

 

Pour commencer, elle me demande pour quelle intervention je viens.

 

[si tu regardes dans mon dossier, tu verras la petite note de mon médecin…]

 

– un curetage.

 

Elle fronce les sourcils : « vous êtes déjà venu pour ça non ? »

 

[pas vraiment non, Dieu m’en préserve !]

 

– non je suis venue pour la FIV

 

– Ah ben oui ! forcément …

 

[oui… forcément]

 

– vous avez déjà des enfants ?

 

[pourquoi ? ça change quelque chose ??]

 

– non [c’est un peu pour ça que je fais une FIV]

 

– ça fait longtemps que vous essayez ?

 

[cette question là aussi, je me demande toujours pourquoi on la pose ? ça change quoi ? 2 ans ou 10 ou 20 ? finalement si on est là, c’est pas pour rien …]

 

Blablabla allergie, blablabla maladie, blablabla pas manger, pas fumer, pas boire blablabla

 

– c’était votre première FIV ?

 

[oui … je sais, j’ai BEAUCOUP de chance]

 

– oui, ça a marché du premier coup, mais bon voilà quoi …

 

– ben moi, j’ai des amis ça a marché du premier coup et ils tiennent leur bébé dans les bras …

 

Ah les amis ! ça faisait longtemps ! de la part d’un médecin anesthésiste, j’avoue que je ne m’y attendais pas … En plus, je me suis franchement demandée ce qu’il y avait de réconfortant dans cette phrase ? à part me narguer ? à part me dire que MOI, mon bébé je ne l’aurais pas dans mes bras… que pour moi, c’était fini …

 

Je ne pense pas que cette femme voulait mal faire. Je pense sincèrement que cela se voulait encourageant … mais raté ! la phrase était mal dite, l’exemple mal approprié, finalement, je suis partie accablée.

 

Juste avant ça, j’avais été faire ma prise de sang. L’infirmière commence à bien me connaitre. Elle a compris tout de suite ce qu’il se passait au vu de l’analyse demandée. De son côté, elle ne posa pas trop de questions. Seulement quand aurait lieu l’intervention. C’est son regard qui en disait long. Elle se voulait compatissante. Elle me piqua, m’expliqua que je ne devais m’occuper de rien. Qu’ils se chargeaient de tout. En partant, elle me dit avec son regard de chien battu « bon courage Madame » et là j’ai senti les larmes monter. En général, la compassion me touche, surtout quand elle est dirigée vers moi. Alors ça n’a pas manqué. C’est la boule dans la gorge que je suis partie à mon rendez-vous chez l’anesthésiste.

 

Pour la pré-admission, ce fut encore une autre histoire. La fille en face de moi, semblait vraiment en avoir rien à foutre de ma vie. C’est tout juste si elle me jeta un regard. En arrivant dans son bureau, il y avait une de ces collègues et elles papotèrent devant moi tranquillement, comme si je n’étais pas là. Des histoires « langues de putes » forcément … toujours très classe de faire ça devant des inconnus. Bref … la collègue finit par partir et elle s’occupa de mon dossier … devant son ordi, elle bailla à s’en décrocher la mâchoire. Très classe aussi … j’sais pas moi, on t’a pas appris que montrer tes amygdales aux inconnus ça se faisait pas ???? même dans une clinique !!! j’suis pas médecin moi !

 

Re-bref, je dois donc rappeler le 11 pour connaître mon heure d’admission et enfin …. Ça sera fini !

 

Vous n’imaginez pas comme j’ai hâte de retrouver mes sensations. De ressentir mon corps vivre à nouveau. Ressentir mon ovulation, ne plus avoir mal aux seins… être à nouveau libre …

 

Plus que 7 dodos … et enfin, je pourrais laisser tout ça derrière moi …

 

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Une solution…

La poche n’a pas évolué… Ni grossi ni diminué… Pour me « consoler » supergygy me dit que j’ai un super utérus. Qui fait super bien son boulot. Moi, honnêtement sur le moment… Ça m’a fait une belle jambe… Mais lui pense à l’avenir…

Il me dit « je vais pas vous laisser comme ça… » [chouette]

Il me propose d’abord un curetage la semaine prochaine, jeudi… Mais compte tenu des problèmes que vous connaissez avec mon boulot (seule au boulot pendant toute la semaine) la gynécologue qui va pratiquer le curetage me propose mardi 12. Cette gynécologue est en fait ma première gynécologue, celle qui m’a fait les iac. Ça me rassure. Elle est gentille et douce.

Si certaines d’entres vous peuvent m’expliquer comment ça se passe ça serait sympa. Je me sentirai rassurée.

Plus qu’une semaine et demi à tenir… Je suis plus à ça près… Et puis comme dit chéri, on sait où on va… On va pouvoir aller mieux. Et puis si ça arrive entre temps… Ben c’est encore mieux…

Voilà… Je suis pas très en forme ce soir…angoissée … Mais ça va aller.

Merci pour votre soutien… Ça fait du bien.

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chi va piano, va sano e va lontano

Cette nuit, j’ai fait un rêve étrange. J’étais chez mon père. A priori, je vivais « encore » chez lui et c’était le matin au réveil. Il fallait que je prenne ma douche pour aller à l’école ( ?) ou au travail ( ?). Je ne saurai me situer dans le temps. J’allais donc dans la salle de bains et alors même que nous étions le matin, j’étais toute habillée … Et j’éprouvais un mal fou à me déshabiller. Ce simple acte me demandait un effort inconsidérable. Mes bras me faisaient mal, mon souffle était court, je n’y arrivais pas … enlever mon pull fut l’affaire d’au moins ¼ d’heure. Chaque vêtement me demandait une énergie que j’avais perdue avec ce sentiment que le temps ralentissait, que je perdais un temps précieux, que j’allais être en retard et qu’il fallait à tout prix que je fasse vite … vite… vite … et qu’une force invisible m’en empêchait …

Les rêves, reflets de l’âme ? sans blague ?

Il faut pas se leurrer, même si je vais mieux, cette attente commence à être pesante et cela, malgré le fait que j’ai accepté cette situation. Il n’y aura pas de curetage, sauf indication médicale. Me plaindre n’avancerait à rien… puisque je dois juste attendre …

11SA bientôt … avec ce sentiment d’être prisonnière de mon propre corps … j’avoue que ça commence à faire long.

Si je ne pleure plus, si je n’ai plus vraiment mal, je n’ai pas retrouvé goût à la vie. Je n’ai toujours pas d’envie. Je me sens comme au purgatoire à attendre qu’on veuille bien statuer sur mon sort…

Si vous comptez bien, la semaine prochaine, dans d’autre circonstance, j’aurai fait ma première écho et on m’aurait appris que je n’étais pas vraiment enceinte… Malgré mes seins douloureux, mes nausées … Je trouve ça tout simplement dingue que mon corps continue à croire que tout est « normal » et que mon utérus ne rejette pas ce sac vide. Je n’ai aucune douleur, je n’ai aucun saignement, parfois des douleurs dans l’utérus mais les mêmes qu’en tout début de grossesse lorsque bébé a commencé à se développer … rien qui m’indique que je vais faire une fausse-couche … rien… nada.

Alors bien sûr ça me ronge moins … mais cette attente est carrément pesante … car je voudrais récupérer mon corps … qui me semble comme un étranger … ne plus m’appartenir … que je ne reconnais pas …

Et puis, je voudrais pouvoir me reposer car malgré tout, les hormones continuent à me chambouler sans raison … je me sens fatiguée … épuisée …

Et puis, il y a ce manque d’action. En PMA, l’attente est monnaie courante … mais cette dernière me parait stérile ( !)… inutile…

Parfois, je me demande comment je vivrais une prochaine grossesse, si j’ai la chance de retomber enceinte. Quelles questions vais-je me poser ? je repense à tous ces sujets que j’ai pu lire sur les symptômes des fausses-couches alors que moi j’en ai aucun … Et si je devais en avoir … quand vont-ils se manifester ?… La prochaine fois, jamais, je ne pourrais être sûre que tout va bien ….jamais … oui, je pense … je ne devrais pas … à quoi bon ?… mais je n’ai que ça à faire …………… y penser !

Oui, je sais, je tourne en rond … mais j’en ai marre de tout le temps, être au bord de la route, à regarder les autres avancer tandis que moi, je piétine, je peine à enlever ce fichu pull !!!! Quel est donc ce mauvais génie qui m’empêche sans cesse d’avancer … de me réaliser …

L’homme sage qu’est mon grand-père me dirait :

« chi va piano, va sano e va lontano », littéralement : « qui va doucement, va sainement et va loin »…

Clairement … c’est très très très loin que je vais aller à ce rythme là … mais où exactement ??? …

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Faire confiance…

Cela faisait plusieurs jours que ça me taraudait … vous le savez, j’attendais … j’attendais ces fichus saignements qui ne sont jamais venus … alors ce matin, j’ai craqué … à 10 h 15, j’appelais le répondeur de mon gynéco au service PMA pour leur dire que je ne saignais toujours pas, leur demandant de m’indiquer la marche que je devais suivre…

30 minutes plus tard, son assistante me rappelait … franchement, je trouve ça vraiment top … Je suis vraiment reconnaissante pour leur réactivité … de ne pas m’avoir laissé cogiter toute la journée encore … et encore …

J’ai rendez-vous demain à 10 h 45 pour un contrôle écho … et je devrai savoir à quelle sauce je vais être mangée … j’en ai tellement marre que je m’en remets entièrement à mon gynéco … et ça, je peux vous dire que c’est super rare chez moi … je n’ai que rarement confiance dans  les médecins en général … c’est sûrement très prétentieux de ma part… mais remettre ma santé, ma vie, mon corps à un être humain que je connais à peine … ne me rassure pas du tout …

Mais lui, je lui fais confiance … depuis le début d’ailleurs … et j’avoue que pour le moment, il a toujours pris les « bonnes décisions » pour moi … d’ailleurs, il ne faut pas oublier que c’est grâce à lui si j’ai eu ma première accroche … du premier coup … après plus de 10 ans …

Alors demain, sa décision sera la mienne … à moins que l’ironie du sort, fasse que d’ici là … cette fichue fausse-couche arrive … ce qui franchement, serait loin de m’étonner …

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Jt’ai pas entendu [Linda LEMAY]

J’avais déjà gonflé mes seins
Pour ta p’t’ite bouche à nourrir
Moi j’étais sûre que t’étais bien
Qu’t’avais pas envie d’partir

J’avais déjà gonflé mon corp
Pour qu’t’aies pas d’mal à grandir
Moi j’étais sure que t’étais fort
j’t’ai pas entendu mourir

Moi j’étais sûre que mes enfants
N’auraient ni faim, ni mal, ni froid
Même pas l’temps de crier « maman »
Que j’les aurais eu dans mes bras

Je sais même pas si t’as eu peur
J’t’ai laissé tout seul souffrir
Est-ce que c’est parce que j’ai pas d’coeur
Qu’j’tai pas entendu mourir

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Les tribulations en PMA

Whatever it takes... And no regrets...

Il paraît que je veux toujours avoir fini avant d'avoir commencé ...

when Little Koala find their way

Never Lose Hope . Pmette en attente de son petit miracle .

Heureux qui comme Ulysse...

Cycle après cycle, Pénélope remet son utérus à l'ouvrage, impatiente de voir débarquer son Ulysse... Dans son mythe revisité, elle vit avec son héros Thésée. Ils habitent Ithaque entourés d'une quinzaine d'Argonautes qui sont leurs meilleurs copains. Comme leur Ulysse met du temps à débarquer, Pénélope et Thésée ont décidé d'aller le chercher. Acccompagnés du Dr Athéna, ils ont commencé en 2015 leur traversée PMA.

Une histoire de PMA

Une histoire parmi tant d’autres d’un homme et d’une femme qui avaient des rêves d’enfant