Articles tagués : deuil

« Ose ta vie, toi seul la vivra ».

« Il est venu au monde et je l’ai perdu avant même de le rencontrer », s’est lamentée cette femme.

Je n’ai pas su lui répondre, à cette époque, ce que j’ai découvert depuis et que je sais aujourd’hui :

Que certains bébés, certains enfants se « donnent la liberté » d’apparaître, de seulement apparaître dans la vie, pour insuffler l’envie à l’un de leurs parents de naître enfin ou d’accéder à plus de vie dans leur existence.

Certains enfants sont de passage pour montrer à l’un ou à l’autre de leurs géniteurs un chemin, pour témoigner d’un choix de vie à faire.

Certains enfants, par leur mort subite, invitent… leurs parents à oser un changement qu’ils n’avaient pu envisager jusqu’alors.

Certains enfants ont ce pouvoir de dire par leur présence furtive et fugitive et leur disparition brutale : « Ose ta vie, toi seul la vivra ».

Nous pouvons ainsi écouter et entendre le message secret envoyé par ces enfants dont la présence éphémère nous blesse à jamais si nous restons sourds à leur message d’espoir.

par Jacques Salomé

(Merci à la copinaute qui me l’a adressé… depuis, je le lis souvent…)

Catégories : Les mots de la Maternité | Étiquettes : , , | 6 Commentaires

Fausse-couche, un deuil à prendre en compte

Parce que j’ai l’impression que faire une fausse-couche est un sujet tabou, parce que j’ai eu le temps de me poser mille questions, parce que je voulais comprendre ce que je ressentais, pourquoi je le ressentais… Parce que j’ai trouvé pas mal de mes réponses dans cet article rédigé par Thierry TOURNEBISE, praticien en psychothérapie, je vous le livre à mon tour. Cet article m’a fait beaucoup de bien. Je ne vous en livre qu’un extrait mais je vous invite à en lire l’intégralité ici

« 1 Apparition de l’enfant

1.1A partir de quand ?

Le commencement est celui de la découverte. Après les incertitudes initiales, la présence d’un enfant à venir se précise, et le rapport des parents avec lui aussi (surtout celui de la mère).

Si l’on se demande à partir de quand l’être en devenir est un enfant, d’un point de vue biologique, il est sans doute possible de donner quelques réponses en fonction de l’avancement du développement de son corps, de son cœur, de ses neurones…etc. A partir de combien de semaines, puis de mois, peut-on estimer qu’on passe de l’embryon au fœtus, puis du fœtus à l’enfant ?… Le débat mérite sans doute d’exister, ne serait-ce que pour des raisons légales, mais il y a une autre composante qu’il convient de prendre en compte : pour la mère, l’enfant est un enfant dès la conception, ou du moins dès qu’elle sait qu’il est là. Cela n’est pas sensé donner la moindre indication légale, mais est simplement un ressenti fréquent à côté duquel il ne faut pas passer.

A vouloir trop objectiver par des précisions scientifiques (nécessaires ailleurs pour d’autres raisons) nous risquons de passer à côté du vécu subjectif, qui en matière de soutien psychologique est le seul qui compte.

Quand la grossesse est souhaitée ou généreusement accueillie, celle-ci peut être ressentie comme un miracle de la vie venant combler une attente au plus profond de l’être. La fausse couche est alors toujours un drame. Mais même pour les autres, ceux qui ne la souhaitaient pas si ardemment, cette perte de ce qui commençait à trouver sa place en leur sein, peut être vécue plus douloureusement qu’il n’y parait. L’ambivalence d’une grossesse non désirée, mais dont l’arrêt n’est pas non plus satisfaisant, trouble l’esprit.

C’est comme s’il se jouait, entre la mère et l’enfant à venir, une sensation subtile, difficilement définissable mais profonde. Cette sensation se retrouve même aussi dans pas mal d’IVG ! Ne remettons surtout pas en cause la possibilité de l’IVG qui est une avancée incontestable dans l’histoire de la femme, mais il aurait fallu considérer cet acte, ce choix, avec plus de subtilité et d’accompagnement, surtout après. Quand bien même l’IVG est clairement décidée et n’a pas à être remise en cause, sa mise en œuvre laisse chez pas mal de femmes une blessure qu’on retrouve souvent en psychothérapie de nombreuses années plus tard. Cette blessure aurait pu être évitée avec un accompagnement adéquat.

1.2Des sensations indicibles

Nous venons de voir qu’il est difficile de dire à partir de quand on peut parler vraiment d’enfant et ce ne sera pas ici notre propos. La seule chose qui compte, c’est que c’en est un pour la mère… dès le départ. Un lien se dessine entre elle et lui, quasiment à son insu, et cette présence se met à compter profondément.

Une intimité indicible, une circonstance à découvrir, des sensations ineffables et secrètes, qui ne trouvent pas de mots, pas plus que n’en trouveront celles qui sont ressenties lors de la fausse couche.

De ce parcours de vie qui surgit au creux de soi, la femme éprouve une sorte d’accomplissement qui, en dehors des divers tourments que la vie ne manque pas d’apporter, offre une sorte de bien-être intérieur. En dépit des désagréables nausées et autres inconforts physiologiques, cette émergence de vie la remplit.

Sans qu’elle n’en mesure toujours l’importance, un lien naturel se construit. Bien au delà du cordon nourricier visant le corps, émerge une sorte de cordon existentiel faisant de ce qui l’habite un être à part entière. Cette sensation de présence la sort du sentiment diffus de solitude, souvent peu consciemment éprouvé jusque là. Ce sentiment de solitude, pareil à une sorte de brume, ne faisait que discrètement troubler la visibilité des êtres et des présences. C’est comme si soudain elle « voyait clairement ce qui palpite » avec une connivence existentielle dont elle seule perçoit la présence.

Naturellement tout cela peut être troublé par de multiples situations de la vie, que celles-ci soient conjugales, médicales, professionnelles, familiales, sociales… etc. Il ne s’agit surtout pas de considérer que toutes les femmes vivent la même chose ! Il s’agit avant tout de ne pas manquer les subtilités qui les habitent en ce moment exceptionnel de leur vie.

Avoir conscience de cet aspect exceptionnel permet de mieux s’approcher aussi de la détresse qui résulte de la fausse couche.

1.3Perte de grossesse ou perte d’enfant ?

Dans le cas de fausse couche, la pudique appellation « perte de grossesse » occulte la réalité de la sensation de « perte d’enfant ». Trop souvent la gestion des situations délicates se fait par la négation des ressentis réels. Or, tenter de « rassurer » est une violence portée envers celui qui ressent une blessure, dont on résiste tant à reconnaître la dimension.

La femme ne perd pas une grossesse. Pour elle, elle perd un enfant ! Ne pas le reconnaitre c’est lui rendre le deuil impossible. Rappelez vous qu’il ne s’agit pas savoir à partir de combien de semaines ou de mois on peut parler d’enfant… il y a juste à considérer que c’en est un pour elle !

On croit souvent apporter de l’apaisement en objectivant. Or la seule réalité qui compte sur le plan psychologique est la réalité subjective. Aussitôt reconnue, celle-ci pèse moins lourd. Quand bien même la grossesse s’interrompt à deux ou trois semaines, juste après l’avoir découverte avec un test, la femme qui vit cela vient de traverser un moment qui changera sa vie.

Il ne s’agit en aucun cas de le dramatiser, ni de le minimiser : il s’agit juste de le reconnaître.

1.4Les phrases assassines

Bien qu’animées de bons sentiments, les personnes de l’entourage tiennent spontanément des propos forts maladroits. Qu’il s’agisse du conjoint, de la famille ou des soignants, nous trouvons fréquemment les mêmes phrases toutes faites apparemment protectrices, mais en réalité parfaitement assassines :

« Il ne faut pas te mettre dans cet état. A ce stade c’est rien du tout, ce n’est pas encore un enfant »… nous avons là un insoutenable déni de l’enfant.

« Ce n’est pas grave. Tu en auras un autre »… ici nous trouvons un insoutenable déni du ressenti sous-entendant « va de l’avant, oublie le, il ne compte pas ».

« C’est sans doute mieux ainsi. C’est la nature qui fait son travail (sous entendu en éliminant ceux qui sont ratés) » … voilà une insoutenable affirmation que c’était une erreur, un moins que rien, un loupé… et qu’elle, en tant que mère, a loupé la « fabrication » d’un enfant en bon état.

« Ça arrive presque dans une grossesse sur cinq. C’est un phénomène naturel »… nous trouvons ici encore une insoutenable banalisation, comme si rien n’avait été vécu, que ce n’est pas si grave et qu’il faudrait être stupide pour s’en faire.

« En début de grossesse c’est moins grave »… encore une banalisation qui anéantit la profondeur des ressentis, qui anéantit l’ex-parturiente dont le statut même devient par là inexistant !

L’entourage ou la médecine rivalisent de maladresses. Tout en croyant rassurer ils versent de l’acide sur la blessure encore à vif.

Le deuil n’est pas reconnu, l’enfant non plus, la femme non plus. Elle devra faire son parcours tout à l’intérieur d’elle-même, faire bonne figure à un entourage qui ne mérite aucun reproche, car il ne pense pas mal faire et ne se rend compte de rien.

Elle doit vraiment réaliser un deuil… mais au fait sait-on seulement ce qu’est un deuil ? Le mot « deuil » vient de dolus signifiant « douleur. Celui qui fait son deuil « fait sa douleur ». « Faire le deuil de » ne signifie pas « passer à autre chose » mais « faire sa douleur » ! Et cette douleur joue un rôle précis : elle donne l’assurance qu’on n’oubliera jamais l’être qu’on vient de perdre. Tant qu’un doute subsiste à ce sujet, la douleur reste nécessaire. Toute personne qui vise à l’enlever apparaît comme un danger potentiel d’engendrer une double perte : celle de l’être aimé… augmentée de la perte de son souvenir, de sa présence en soi. Généralement quand le sujet en deuil a l’assurance qu’il n’oubliera jamais, sa douleur diminue ou cesse, ainsi que ses pensées obsessionnelles, qui jouaient le même rôle.

L’auteur conclut en disant ceci :

« Je souhaite sincèrement que ces quelques lignes apportent un soutien aux femmes ayant eu ce vécu, mais aussi qu’il interpelle les médecins et soignants afin de les aider à apporter l’accompagnement psychologique qu’ils ont à cœur de donner, alors qu’ils sont souvent si démunis en pareilles situations. »

À mon tour, j’espère que cela pourra aider certaines… Parce qu’on a le droit de reconnaître que ce petit être existait pour nous… Qu’on a vraiment perdu un enfant et que cette reconnaissance est nécessaire pour faire notre deuil.

Catégories : L'AMP expliquée, Une fausse-couche | Étiquettes : , | 18 Commentaires

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